Contes et légendes

Issus de mon livre "Enquêtes sur le sens de la vie"
(Lien commercial pour le télécharger)

Ces contes , la plupart contés par mon ami Patrick Mégale sont du domaine public et donc à priori libres de droit

Merci néanmoins si vous vous en servez d'indiquer le nom de l'auteur et/ou de mettre un lien vers mon livre

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        Petit conte persan sur la pingrerie et la sottise
        
(Tous ceux sans référence de bas de page sont contés par mon ami Patrick Mégale)

            Le conteur dit : Sur un marché oriental arrive un jour un voyageur. Il ne parle pas bien la langue du pays et n’en connait pas les us et coutumes. De même, il ne sait que peu de choses au sujet des produits alimentaires du lieu.
            Cheminant parmi les étals, son œil est attiré par le magnifique vermillon d’un tas de fruits à l’étalage. Ils n’ont pas de parfum mais luisent à la lumière comme de véritables joyaux.
            Par le truchement de gestes accompagnés d’un sabir de langage local il parvient à faire comprendre au vendeur qu’il souhaite un petit sac de ces fruits. Après avoir réglé son achat il reprend son chemin et, saisissant l’un de ses fruit appétissant, il l’embouche afin d’en déguster la saveur. A peine a-t-il entamé de le mâcher qu’un feu infernal lui incendie le palais. Il se précipite vers la première fontaine venue et avale des litres d’eau pour calmer sa douleur.
            Revenu de ses émotions, il en prend un second et réitère le geste. S’ensuit automatiquement les conséquences attendues. Une fois encore, il s’en va calmer son mal à la fontaine. Puis, de nouveau, il enfourne l’incendiaire. S’en suit un va et vient de clameurs douloureuses et de râles de soulagement.
            Intrigué par la scène, un quidam s’adresse au voyageur dans sa langue maternelle et lui explique que ces fruits qu’il s’évertue à manger sont en vérité les plus puissants piments qu’il se puisse être. De fait, il ne comprend pas ce qui peut le pousser à les manger puisque, visiblement, chaque bouchée le fait souffrir au plus haut point.
            Le voyageur, le visage rougit, les yeux larmoyant et suant à grande eau, lui répond haletant : « Je les ai payés si cher que je ne veux n’en perdre un seul pour rien au monde. C’est mon argent que je consomme !!! Comprenez-vous ??? ». Sur ce, le voyageur, remis un piment dans sa bouche et se dirigea en courant vers la fontaine en ânonnant : « C’est mon argent, mon aaaargeeeennnt !!! »

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           Le filtre anti - médisance de Socrate

          Le conteur dit : Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute  opinion de la sagesse.
Quelqu'un vient un jour trouver  le grand philosophe et lui dit :

       – Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ?
       – Un instant, répondit Socrate. Avant que  tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test,  celui des 3 passoires :
       –  Les 3 passoires?
       Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes
 sortes de choses de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire.
  C'est ce que j'appelle le test des 3 passoires. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que  tu veux me dire est vrai ?
       –  Non. J'en ai simplement entendu parler...
       –  Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.
     Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté.
Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

       – Ah non ! Au contraire.
       – Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain si   elles sont vraies.
Tu peux peut-être encore passer le test , car il reste une passoire, celle de l'utilité. Est-il utile que  tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

       – Non. Pas vraiment.
      – Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?

Conte de sagesse d’origine inconnue.
D’après Charles Brulhart il serait attribué abusivement à Socrate.

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      Petit conte édifiant sur l’avidité

       Un paysan russe, le moujik Pakhôm, vivait sur ses terres. Le seul malheur, disait-il, c'est d'en avoir trop peu. Si j'avais de la terre à volonté, je n'aurais peur de personne.
Un voisin vint à mourir. Il voulut acheter sa terre. Il paya la moitié comptant; quant au reste, il s'engageait à le payer en deux ans. Ainsi vivait Pakhôm dans le bonheur.

Mais voici qu'un marchand vint à passer et lui dit :
    – Pour mille roubles, chez les Baschkin, nomades asiatiques, au-delà de l'Oural, j'ai eu de la terre à n'en pouvoir faire le tour en marchant pendant tout un jour.
Pakhôm vendit sa terre et sa maison et partit. Il arriva chez les Baschkin, leur paya à boire et leur donna des présents. Il s'entendit avec eux.
    – Notre prix est unique, lui dirent-ils. Mille roubles pour une journée.
    – Mais, dit Pakhôm, on peut, en une journée faire le tour de beaucoup de terres.
    – Oui, dirent-ils, tout sera à toi. Choisis la part qui te convient le mieux.
Les yeux de Pakhôm étincelèrent. Toute la terre était riche et grasse.
    – Va, mais reviens assez tôt car si le soleil est couché, tu perdras tes mille roubles et tu n'auras rien.

On fit coucher Pakhôm sur un matelas de plumes. Le lendemain dès l'aube, il se leva. Les Bas- chkin l'attendaient sur la colline.
Le moujik partit d'un pas régulier, fit une verste
*, posa un jalon puis accéléra la marche.
Vers 8 heures, il ôta son habit et déjeuna. Puis il pensa : il faut tourner maintenant. Il marcha, il marcha. L'herbe était haute et il faisait chaud.
Pakhôm commençait à se fatiguer. Il était temps de dîner. Puis il repartit. Une heure à souffrir, pensait-il, mais un siècle à bien vivre !
Il allait tourner à gauche lorsqu'il aperçut un frais vallon. C'est dommage, pensa-t-il, de le laisser de côté, et il engloba le vallon.

Puis il regarda le soleil. Il était proche de son déclin, et les gens sur la colline se distinguaient à peine. Pakhôm aurait voulu se reposer, mais le soleil n'attend pas. Il se met à courir. Ses pieds sont écorchés jusqu'au sang. Le voici au pied de la colline. Elle est déjà dans l'ombre. Mais les Baschkin lui crient: « Cours ! Cours ! Ici le soleil n'est pas couché ! »
 Il reprend haleine, fait un faux pas et tombe exténué en touchant le piquet d'arrivée.

    – Bravo ! lui cria-t-on. Tu as gagné beaucoup de terre !
Son domestique accourt. Il veut le soulever, mais le sang coule de sa bouche. Il est mort !
Le domestique resta seul. Il creusa pour Pakhôm une fosse de trois archines** et il l'enterra.

* Ancienne mesure de longueur, qui était utilisée en Russie et valait 1 067 mètres.
** Ancienne mesure de longueur russe d’une valeur de 0,71 mètre.


Conte de Léon Tolstoï, Écrivain russe. 1828-1910.
Emprunté sur le site : www.metafora.ch

NDA : J’ai entendu ce conte lorsque j’étais à l’école primaire, à une époque épique où il existait des « petits cours de morale » et je pense qu’il a modelé ma façon d’appréhender la vie

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          Petit conte sur le vrai sens de l’esprit divin

                               Les graines de la vie

         Visitant un pays lointain, un voyageur passa devant une échoppe sur laquelle était inscrit
 " Boutique du Bon Dieu " 

      Avisant un passant, il lui demanda ce qu’on vendait dans cette boutique.
      Étonné, le passant lui dit qu’il trouverait Dieu lui-même derrière le comptoir, qu’il pouvait lui demander tout ce qu’il désirait et que cela lui serait accordé.
      Intrigué, le voyageur pénétra dans l’échoppe. Un homme souriant l’accueillit et lui demanda ce qu’il désirait.
      On m’a dit, répondit le voyageur, avec un ton dubitatif, que Dieu lui-même tenait cette boutique et que je pouvais lui demander tout ce que je désirais.

      C’est exact, répondit l’homme derrière le comptoir.  Je suis Dieu.   Que désirez-vous ?
      Quelque peu intimidé, le voyageur se ressaisit. « Puisque vous me proposez cela, je désirerais, pour moi et pour tous ceux que j’aime, la prospérité, le bonheur, la sagesse, la… »
      À ce moment, Dieu l’interrompit : « On vous a mal renseigné. Ce ne sont pas des fruits que je vends, ce sont des graines. »

Origine inconnue.
Emprunté sur le site: www.metafora.ch

 
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          Petit conte sur la difficulté d’ouvrir son cœur

            Un début d’après-midi d’automne, alors que monsieur Singe prenait un peu de repos, admirant les beautés de la campagne environnante du fond de son hamac, madame Singe sortant de sa maison s’adressa à lui. Elle fit remarquer qu’il serait bon qu’il aille chercher quelques mangeailles car les vivres allaient bientôt manquer à leur table.
            Monsieur Singe, s’extirpa de son havre de quiétude et sans mot dire se mit en chemin, partant droit devant lui en quête de quelques arbres fruitiers à même de lui fournir de quoi remplir son garde manger. Hélas les proches environs de son habitation avaient été visités récemment et plus aucun arbre n’offrait quoi que ce soit à se mettre sous la dent. Il se résolu donc à pousser plus avant et s’engagea dans la savane. Après de longues heures de marche, il ne vit rien d’autre que la raréfaction des arbres fruitiers. Seule une herbe jaunissante laissant émerger de rares squelettes de bois s’offrait en paysage à perte de vue.
           
            A perte de vue ! Le terme était bien choisi pensa-t-il ; car, il devait bien se rendre à l’évidence, il n’y avait pas que sa vue qui était perdue ! Inconscient du temps qui suivait son cours, à suivre le sien, monsieur Singe avait perdu son chemin…

            Les couleurs du crépuscule peignaient le ciel et l’obscurité n’allait pas tarder à rendre toute tentative d’orientation totalement vaine. Sans compter sur le fait que, dès la nuit venu, les fauves allaient se mettre en chasse, faisant de monsieur Singe un met tout à fait acceptable au menu de leurs repas du soir.
           
             Prestement, monsieur Singe grimpa sur le plus haut des arbres qu’il trouva à sa porté et, se blottissant à l’angle de l’énorme tronc et de l’une ses branches, bien calé, il sombra dans les bras d’un Morphée simiesque.

            Avant même les premières lueurs du jour, il fut réveillé par le chant des oiseaux. La nuit pâlissante s’effaçait devant une aube rayonnante. Monsieur Singe prudent scruta les environs avant de descendre de son perchoir et, de retour sur le plancher des gnous, repris sa quête ; tant il savait qu’il ne pouvait être question de rentrer bredouille.
            Il chercha en vain toute la matinée. Et lorsqu’arriva midi, accompagné d’un soleil dardant de tous ses rayons sur sa pauvre tête, il ne cherchait plus qu’un peu d’ombrage pour se remettre un peu.
           
            Il vit alors, non loin de lui, un grand baobab. Il marcha dans sa direction et, lorsqu’il l’atteint, s’assit en s’adossant à l’ombre du gigantesque tronc. Reprenant son souffle, il remercia l’arbre pour son ombre. Il le félicita pour le talent qui lui valait d’offrir un refuge au voyageur. Mais, il lui fit remarquer qu’en plus de la protection face aux rayons du soleil l’octroi de quelques mangeailles eusse été bien venues.  L’arbre reçu la doléance avec mansuétude et fit descendre devant monsieur singe une branche riche d’une kyrielle de fruits plus appétissant les uns que les autres. Monsieur singe, tout en remerciant son amphitryon, saisit le plus charnu de tous et croqua dedans à belles dents. Finissant son septième fruit, il s’adressa d’une voix repue à son hôte et fit la remarque suivante : « Arbre ton ombre est agréable je n’en disconviens pas, mais ton fruit l’est cent fois plus ! Je suis tenté de croire que ton cœur doit recéler des trésors encore mille fois plus attrayants ! Me tromperais-je ? ».

           
           L’arbre comprit, ce qu’en filigrane, monsieur singe lui demandait. Il s’agissait là d’une toute autre requête. Bien différente de toutes celles qu’aucun voyageur n’avait jamais exprimé. Ouvrir son cœur était un engagement bien plus profond. Cela générait des craintes, réveillait des peurs. Mais, le riche baobab l’avait appris des rares eaux qui le nourrissaient de temps à autre ; tant celles-ci gardaient la mémoire de la vie.

« Une source n’a de raison d’être que par l’offrir ! C’est à cette seule condition quelle est perpétuellement parée d’une eau pure. Ce n’est que par cet état de fait que tant d’êtres vont vers elle, avec respect et amour. Lorsqu’égoïstement l’on veut garder par devers soi les ondes, en les privant de leurs mouvements, la stagnation les rends très vite purulentes. Alors, de porteuses de vies elles deviennent semeuses de mort ! »
           
            Monsieur Baobab savait maintenant ce qui lui restait à faire. Alors, devant les yeux écarquillés de monsieur singe, l’écorce du grand arbre lentement se fendit de bas en haut ; avec la majesté d’un porche de palais royal. Comme deux lourds battants, roulant sur leurs gonds,  les deux pans de l’arbre s’ouvrirent laissant apparaitre au regard émerveillé de monsieur Singe un amas de trésors inestimables. De l’or, de l’argent, des pierreries de toutes sortes, des bijoux, des œuvres d’arts, de précieux tissus et d’admirables parures. Monsieur Baobab invita monsieur Singe à faire son choix parmi tout ce trésor. Il lui faisait cadeau de ce qui il lui était agréable.

            Monsieur Singe, touché par le geste, embrassa le magnanime végétal et avec un immense respect s’engagea au cœur de Monsieur Baobab. Trouvant sur place de grands sacs, il fit cargaison d’une multitude choses et ressortit du cœur de l’arbre. Une fois encore, il remercia monsieur Baobab. Puis, après de longs et touchants adieux, il prit un chemin qui le ramena chez lui.

            Le voyage fut paisible et lorsqu’il se présenta devant la porte de sa maison, madame singe l’accueillit avec ferveur tant elle s’était fait de souci à son sujet. Les embrassades passées, monsieur Singe, entra et présenta à madame Singe les trésors qu’il lui ramenait.
            Madame Singe, exulta de bonheur. Puis, retrouvant ses esprit, en femme de bon aloi, elle se para des plus beaux vêtements, des plus beaux bijoux, se parfuma et parti par les rues du village se faire admirer de ses consœurs. Chemin faisant elle croisa madame Hyène et répondit en tout point aux questions que cette dernière ne manqua pas de lui poser.            
             Madame Hyène, de retour à son domicile invectiva avec véhémence Monsieur Hyène qui, après ce long discours ne souffrant aucune opposition, sut ce qui lui restait à faire. Monsieur Hyène, maussade, le museau dans la poussière et sa longue queue battant le vent (oui, en ces temps lointains les Hyène arboraient le même appendice que les lions.), s’en alla à la rencontre de monsieur Singe.

           
             Après avoir été renseigné sur la marche à suivre, il prit le chemin parcouru la veille par son compère. Il se tint scrupuleusement aux indications de monsieur singe. Mais, lorsqu’il vit briller le trésor de monsieur Baobab, il fut prit d’une folle frénésie. Se précipitant alors, tel un diable hurlant et vociférant, il tenta se s’accaparer de tout ce que recélait le cœur de monsieur baobab. Griffant à droite, arrachant à gauche, bavant les yeux exorbités. Bref, ses maladresses firent tant et si bien que, devant tant d’avidité, la douleur ressentie par monsieur Baobab l’obligea à refermer son cœur aussi vite que possible.

           
             Monsieur Hyène eut juste le temps de s’échapper, perdant au passage sa longue queue restait coincée dans l’huis. (C’est entre autre depuis ce jour que les hyènes portent au bas du dos ce ridicule appendice.).  

            Monsieur Baobab le chassa et monsieur Hyène regagna ses pénates, bredouille, le dos courbé et la mine basse.
            De son coté, monsieur Baobab murit une peur ancré à l’idée de devoir, un jour ou l’autre, ouvrir à nouveau son cœur à qui que ce soit.

            Le conteur dit : « Frères humains ! Depuis longtemps tu n’es plus une bête ! Quel fantôme de hyène hante ton esprit pour que toi aussi tu craignes tant d’ouvrir ton cœur à nouveau… »

***


Petit conseil de Saint Patrick  pour répandre  le bonheur

Si la vie vous accable…                Souriez.
Si la vie vous comble…                Souriez.
Si vous ne savez que faire…        Souriez.
Un sourire permet de se détendre !
Détendu,
L’on est plus facilement joyeux !
Joyeux,
L’on atteint plus aisément le bonheur !
Par le bonheur,
La conscience perçoit, avec plus d’acuité, l’harmonie universelle,
La perception de l’harmonie universelle
Offre l’extase à qui  s’y ouvre !
Qui vit dans l’extase
Devient partie prenante de la félicité éternelle.
Gagner l’éternelle félicité
Pour un sourire…
Ce serait sot de s’en priver !

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                Petit conte théosophique sur le choix religieux
                       
                             
  Les trois anneaux

       Un sultan avait comme conseiller un vieux juif très sage.
Certains courtisans, jaloux, jurèrent sa perte et suggérèrent au Sultan de lui demander laquelle des trois religions issues de la lignée d’Abraham était la bonne : la juive, la chrétienne ou la musulmane.
Quelle que soit la réponse du conseiller, pensaient-ils, on pourrait l’accuser de déloyauté ou de duplicité et le faire exiler.

Après avoir été interrogé, le conseiller dit au Sultan : 
« Pour répondre à ta question, je vais te raconter une histoire :

 
   Un Roi possédait un anneau, emblème de son pouvoir et de sa sagesse, qu’il avait reçu de son père et qui se transmettait de génération en génération depuis la nuit des temps.

À l’intérieur de l’anneau était gravée une Formule Sacrée recélant le Secret de la Vie ainsi que, en toutes petites lettres, des clés pour décrypter cette Formule.
    Le roi eut trois fils qu’il aimait tous également. À l’heure de la succession, il ne put décider auquel transmettre l’anneau.
Il le fit alors fondre par un orfèvre habile et lui demanda de façonner trois anneaux en tous points identiques.

 
  Dans le premier, il fit graver la Formule Sacrée avec, en toutes petites lettres, quelques unes des clés d’interprétation.
Dans le second, il fit également inciser la Formule, accompagnée d’autres clés. Dans le troisième enfin, il fit inscrire la Formule et le reste des clés.

   Ainsi, pensait-il, ses enfants seraient obligés d’œuvrer ensemble s’ils désiraient tirer pleinement parti de la Formule Sacrée, car il fallait pour cela utiliser la totalité des clés d’interprétation.
   Avant de mourir, il donna secrètement à chacun de ses fils un des trois anneaux.
   Au moment de désigner le nouveau monarque, chacun des princes exhiba son propre anneau pour faire valoir son droit à la succession, convaincu qu’il possédait l’original.

   Même les plus grands sages ne purent résoudre l’énigme de savoir qui détenait le véritable anneau.
   Chaque prince instaura alors son propre royaume, convaincu que lui seul était le descendant légitime de son père et possédait les vraies clés d’interprétation de la Formule Sacrée.

   Et pendant des générations, les descendants des trois frères défendirent âprement, les armes à la main parfois, leur conviction et leur royaume.
   Jusqu’à ce jour, personne n’a réussi à les départager ni à les réconcilier.
   Mon histoire, dit  le conseiller astucieux au Sultan, est la réponse à ta question. »


   Le  sultan  s’inclina  devant  la  sagesse  du  vieux  juif,  le  nomma grand vizir et envoya en exil les courtisans conspirateurs.

Charles Brulhart  (www.metafora.ch)
Pour écrire cette métaphore, je me suis inspiré d’un conte du Décaméron, écrit en 1349 par Boccaccio.

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         Petit conte indien sur l’auto-déité

           Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.
    Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : « Enterrons la divinité de l'homme dans la terre. » Mais Brahma répondit : « Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera. »
    Alors les dieux répliquèrent : « Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans. »
    Mais Brahma répondit à nouveau : « Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface. »
    Alors les dieux mineurs conclurent : « Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour. »
    Alors Brahma dit : « Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. »
    Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Vieille légende indoue
Source : www.metafora.ch (entre autres)  

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      Petit conte de sagesse bouddhiste sur la religion

       Un matin, le Bouddha était en compagnie de ses disciples quand un homme s’approcha.
–  Dieu existe-t-il ? demanda-t-il.
 Il existe, répondit le Bouddha. Après le déjeuner, un autre homme s’approcha.
–  Dieu existe-t-il ? demanda-t-il.
–  Non, il n’existe pas, répondit le Bouddha. A la fin de l’après-midi, un troisième homme posa la même question.
–  Dieu existe-t-il ?
–  C’est à toi de décider, répondit le Bouddha. Dès que l’homme fut parti, un disciple s’exclama, révolté :
–  Maître, c’est absurde ! Pourquoi donnez-vous des réponses différentes à la même question ?
 Parce que ce sont des personnes différentes, chacune parviendra à Dieu par sa propre voie.
Le premier me croira.
Le second fera tout ce qu’il peut pour prouver que j’ai tort.
Le troisième ne croira qu’à ce qu’il choisira lui-même.


Conte d’origine inconnue

Conclusion perso : Super conte ! La quête de la foi devrait être un cheminement personnel pour tous. Cela éviterait de se laisser monter la tête par des prêcheurs extatiques, comme ce fût et est toujours le cas, en ce bas monde.

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        Petit conte illustrant le pouvoir de la pensée

        Le conteur dit : Un homme perdu dans le désert cherche à s’abriter des rayons du soleil. Gravissant une dune il pense qu’un arbre serait le bien venu. Atteignant le sommet, il découvre en con- trebas de l’autre versant un très bel arbre. De grandes branches feuillues en habillent la cime.
L’homme s’allonge à l’ombre du grand arbre et songe après avoir repris son souffle qu’un tel arbre est une chance, mais si en plus il était fruitier cela serait bien mieux.

            Au même instant, il avise entre les verts feuillages de beaux fruits rouges tout à fait appétissants.
Après en avoir fait bombance, la bouche un peu pâteuse, il pense qu’une source d’eau claire serait la bien venue afin d’étancher sa soif.

            A peine sa pensée s’évapore qu’un chant cristallin titille son tympan. L’homme sans autre réflexion se dirige vers une source toute proche et goûte une eau délicieuse. Puis il regagne le pied de l’arbre et décide d’entamer une sieste afin de se remettre de sa fatigue.
Les grains de sables entrés dans ses vêtements lui grattent le dos et l’homme songe que, mieux que ce lit de sable grossier, un lit douillet au sein d’une chambre sise au cœur d’un palais des milles et une nuit lui serait bien plus agréable.

            Soudain la terre frémit, un léger grondement se fait entendre ; le tout accompagné d’un nuage de poussière. Le voyageur égaré voit alors apparaitre devant lui le palais de ses rêves. Une suite de serviteurs se présentent à lui, l’invitant à prendre place à l’intérieur d’un palanquin.  
            Après quelques instants notre homme se délecte des plaisirs d’un palais en tous points semblable à celui de ses rêves.
            Alors, allongé sur un grand lit à baldaquin, il prend conscience de la suite d’événements qui lui sont advenus ces derniers temps. Il réalise les pouvoirs créateurs de sa pensée. Frissonnant soudain, il se félicite de ne pas avoir eu de pensés négatives comme… Tiens, par exemple, un ogre mangeur d’homme, songe-t-il en riant.

           L’ogre surgit et l’homme trépassa !    

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             Petit  conte sur la relativité du temps                                                  

            Le conteur dit  : Un moine passionné par l’étude des sciences se rend en sa clairière afin de méditer sur la relativité du temps. La matinée printanière est douce.
Le moine s’abime tant et si bien en méditation qu’il n’en sort qu’au crépuscule naissant.
Alors, d’un bon pas, il regagne son monastère pour ne point être en retard pour l’office.
Lorsqu’il frappe l’huis avec le lourd anneau métallique un jeune novice lui ouvre mais, il ne porte pas l’habit de la congrégation. Le moine s’en étonne et après l’avoir questionné, il s’entend répondre que cette fraternité est dans ce monastère depuis trois siècles.
 Le brave moine sent son esprit vaciller. Cependant, il se présente. Le jeune novice, à l’évocation de son nom, lui répond qu’il y a bien, aux archives, une texte relatant l’histoire d’un moine homonyme ayant quitté le lieu un matin mais, les archives disent aussi qu’il ne reparu jamais au monastère…

             
         Les contes, les sagas, les légendes sont peut-être toutes mensongères mais, chaque mensonge abrite une vérité. Porteraient-ils tous une graine de sagesse éternelle ?

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         Petit conte sur la relativité des choses

        Le conteur dit : un jour deux êtres en recherche décident d’un commun accord de porter leurs regard sur l’étude d’une sphère et, en fin d’ouvrage, de confronter les fruits de leurs découvertes.
            Chacun va son chemin.
            L’un mène ses études depuis l’intérieur du globe, l’autre depuis l’extérieur.
            Après de longs et profonds examens les deux chercheurs se retrouvent afin de confronter et partager leurs conclusions.
            L’un dit : « J’ai tout compris ! Une sphère est avant tout concave. »
            L’autre lui répond un non ne méritant aucune opposition.
            « Une sphère est avant tout convexe ! »
            Tous deux, forts de leurs convictions, se trouvèrent face à un nouveau dilemme. La dissension, qui les séparait, venait elle d’une différence de point de vue, ou bien de l’incapacité d’en avoir plusieurs simultanément ?

            Voilà, je vous laisse méditer sur la question. Si cela peut vous être utile je me permets de partager la réflexion d’un ami photographe qui me dit un jour : « En photo noir et blanc, nous ne parlons que de gris. Le blanc étant du gris avec absence de noir et le noir du gris avec absence de blanc. »


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           Petit conte récréatif sur la complémentarité des choses


              Le conteur dit  : Un porteur d'eau indien avait deux grandes jarres, suspendues  aux deux extrémités d'une pièce de bois qui épousait la forme de ses  épaules.   
    L'une des jarres avait un éclat, et, alors que l'autre jarre  conservait parfaitement toute son eau de source jusqu'à la maison  du maître, l'autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse  cargaison en cours de route. 
    Cela dura 2 ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d'eau ne livrait qu'une jarre et demi d'eau à chacun de ses voyages.  
    Bien sûr, la jarre parfaite était fière d'elle, puisqu'elle  parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille.   
    Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se  sentait déprimée parce qu'elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable.
 
          Au bout de deux ans de ce qu'elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s'adressa au porteur d'eau,  au moment où celui-ci la remplissait à la source.  
    « Je me sens coupable, et je te prie de m'excuser. » 
    « Pourquoi ? demanda le porteur d'eau. De quoi as-tu honte ? »
    « Je n'ai réussi qu'à porter la moitié de ma cargaison d'eau  à notre maître, pendant ces 2 ans, à cause de cet éclat qui  fait fuir l'eau.
Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et,  à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l'eau.
Tu n'obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts »  lui dit la jarre abîmée. 
    Le porteur d'eau fut touché par cette confession, et, plein  de compassion, répondit : « Pendant que nous retournons à  la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs  magnifiques qu'il y a au bord du chemin ».
 
      Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs  baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au cœur.
Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu'elle avait encore perdu la moitié  de son eau. 
          
       Le porteur d'eau dit alors à la jarre « T'es-tu rendue compte qu'il  n'y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune
du côté de la jarre parfaite ? C'est parce que j'ai toujours su que tu perdais de l'eau, et j'en ai tiré parti. 
   J'ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin et chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin.   
   Pendant 2 ans, j'ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais  je n'aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses. »
 
       Morale de l'histoire : Nous avons tous des éclats, des blessures, des défauts. Nous sommes tous des jarres abîmées.   
 Certains d'entre nous sont diminués par la vieillesse, d'autres ne brillent pas par leur intelligence, d'autres trop grands, trop gros ou trop maigres, certains sont chauves, d'autres sont diminués  physiquement, mais ce sont les éclats, les défauts en nous qui rendent nos vies intéressantes et exaltantes.

***

           Petit conte sur l’alchimie des sentiments
             (pour les gens créatifs et entreprenants)

            Le conteur dit : Un jeune enfant arrive un jour sur une place de village. Il se pose sur la margelle d’une fontaine et harangue la foule en ces termes :       « Je vends des histoires ! Achetez-moi une histoire ! Un sou la triste, deux sous la joyeuse ! » Mais, soudain tous le monde se prosterne à l’arrivés d’un carrosse. C’est Le-roi-de-son-pays qui s’arrête au bourg.
           
           Ce roi est tyrannique et, entre autres lois stupides oblige ses sujets à se prosterner devant lui.  Donc tous, sauf l’enfant conteur, s’exécutent. Le tyran, voyant cela entre en courroux. Fendant la foule, il invective le garnement et n’obtient pour toute réponse que : « Je vends des histoires ! Achetez-moi une histoire ! Un sou la triste, deux sous la joyeuse ! ».

            Le tyran stupéfait, argue de sa personne, de son rang l’obligeant à des activités sérieuses, etc… Mais l’enfant une fois encore rétorque : « Je vous croyais  le maitre en tout par ici. Ne l’êtes vous pas de votre temps.  Je vends des histoires ! Achetez-moi une histoire ! Un sou la triste, deux sous la joyeuse ! ». Le tyran relève le défit et répond qu’il achète une histoire, une courte, à un sou.
            Alors, l’enfant entame une histoire en tout point semblable à ce qui vient de se passer depuis que lui et Le-roi-de-son-pays arrivèrent sur la place de ce village. Concluant par : « … le roi était un tyran, ça tout le monde le savait. Mais, ce que l’on apprit, c’est qu’en plus il était pingre, car il n’acheta qu’une courte histoire à un sou ! ».
            Devant l’effronterie, le monarque sourit. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait plus goûté le courage chez quelqu’un qu’il en fut séduit. L’on vit alors le tyran et l’enfant s’en aller main dans la main après que Le-roi-de-son-pays eut demandé à entendre une autre histoire, mais une longue et joyeuse ce coup.
           
            Rendu au pied d’un pommier l’enfant raconta l’a même histoire, en détail, expliquant la transformation d’un tyran en être sensible par le truchement d’un conte.

            Le roi avisant des pommes proposa à l’enfant d’en manger. Chacun en prit une et le roi en voyant une dernière sur l’arbre invita l’enfant à la partager. D’accord, répondit-il, mais pas comme tu le penses.
            Il prit la pomme dans ses mains. La fendit en deux parties égales et se concentrant dessus fit de telle  sorte que les deux parties s’envolèrent dans les airs. Une derrière eux, l’autre devant.
            L’enfant dit alors : Une moitié pour tous ceux qui, se succédant, ont raconté depuis le début des temps, une moitié pour ceux qui, se succédant,  raconterons jusqu’à la fin des temps.

  
    Voici pour les raconteurs d’histoires, de contes, de romans, de compositions littéraires, musicales et de toutes les formes de créations quelles qu’elles soient pour peu que leurs créateurs aient eu, aient et sachent garder à cœur cette petite idée : L’art est un souffle divin gonflant les âmes comme des voiles de navires pour nous porter vers les rivages de l’harmonie. Que la source bienveillante d’harmonieuse énergie d’amour qui préside à l’équilibre de ce monde vous fournisse éternellement en chaudoudoux * afin que vous sachiez toujours offrir à chaque occasion le meilleur de vous-même !

  * En référence au conte chaud et doux des « chaudoudous. » de Claude Stiener

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            Petit conte sur les briseurs de rêves

            La course des grenouilles

              Il était une fois une course de grenouilles.
       L’objectif était d’arriver en haut d’une grande tour.
       Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir courir.
       En fait, les gens ne croyaient pas possible que les grenouilles atteignent le sommet et ne cessaient de dire : «  Inutile ! Elles n’y arriveront jamais ! »
      Les grenouilles commencèrent peu à peu à se décourager. Les gens continuaient : « Vraiment pas la peine ! Elles n’y arriveront jamais ! » 
      Peu à peu, les grenouilles se découragèrent totalement, sauf une qui continuait envers et contre tout …
      À la fin, toutes abandonnèrent, sauf cette grenouille qui, seule et au prix d'un énorme effort, rejoignit la cime.
      L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait fait pour terminer l'épreuve.
      Elle s'aperçut alors que la grenouille qui était arrivée au sommet était sourde.

      N'écoutez pas les personnes négatives. Elles volent les meilleurs espoirs de votre cœur !
      Soyez  toujours  sourd  quand  quelqu’un  vous dit que  vous ne pouvez réaliser vos rêves.
      Portez-vous bien !
 

            Origine inconnue. Emprunté sur le site www.metafora.ch

***

        
         P
etit conte sur l’art de se sentir riche de ce qu’on est

           Le conteur dit : Un matin, un homme arrive sur la pente pierreuse d’une montagne. Une carrière, très exactement. Il se met, comme chaque jour à l’ouvrage, en maugréant sur son sort. Il se compare, s’expertise, s’estime, s’évalue et se juge fort mal rétribué par la vie au regard de celle de son maitre. Il se rêve changeant de vie.
Ah s’il pouvait être son maitre. Il est riche son maitre. D’ailleurs le voici qui passe avec son équipage. Mais qu’à-t-il ? Il maugrée lui aussi. Mais de quoi peut se plaindre cet homme puissant. Des taxes royales !
Alors l’homme choisit d’être le roi. Mais le roi se plaint des rayons du soleil. Il y a plus fort que le roi, se dit-il.
Alors je vais être le soleil. Le voici Centaure céleste. Il joue à darder ses rayons. Mais passe un nuage qui contrecarre ses projets.
Qu’à cela ne tienne, sois nuage. Mais le vent le pousse où bon lui semble.
Et devenons Zéphyr , pense-t-il alors. Mais la montagne détourne le vent de sa course folle.
Qu’il en soit donc ainsi, se dit-t-il je serais montagne. Soudain, le mont ressent une piqure au bas du dos. Il avise alors un petit tailleur de pierres qui le mine et le sape pour en tirer le meilleur. Alors il redevient lui-même, sort de sa rêverie et reprend le cour d’une vie qui lui parait moins maussade.


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            Petit conte sur la découverte de sa vérité

            Le conteur dit aussi : Une jeune petite souris attirée par un bruit nouveau s’approche d’un petit ruisseau qu’elle découvre pour la première fois. Une grenouille le franchit d’un bon et l’invite à faire de même. La petite souris l’imite tombe à l’eau et manque de se noyer. Ce n’est pas grave lui dit la grenouille en lui portant secours. A-tu-vu la lumière par delà les grandes herbes de la prairie ? Et bien c’est le but de ta vie.
Tout exalté, le petit rongeur s’engage dans l’aventure. En chemin souricette rencontre un immense bison agonisant et lui offre un de ses yeux pour le guérir. En remerciement le ruminant convoie la petit souris jusqu’à l’orée de la grande forêt qui s’étend au pied de la montagne.
Là, elle rencontre un grand loup à qui elle offre aussi un œil salvateur. Revigoré le canidé écoute l’histoire de la petite aveugle et lui promet de l’aider à atteindre le but de sa quête. Alors, le particulier équipage gravit la montagne jusqu’à sa plus haute cime. Dans un dernier effort le loup saute en direction de la boule de feu luisant aux cieux et la petite souris est propulsée dans les airs.
En se rapprochant du soleil elle recouvre la vue pour voir fondre sur elle deux aigles royaux.
Elle comprend sa mort prochaine et la peur la pousse à se cacher derrière ses pattes. C’est alors qu’elle découvre que sa morphologie à changé et qu’elle est elle-même un aigle royal. Elle s’élève alors vers le soleil avec ses frères.

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      Petit conte sur la relativité des choses de la vie

       Un vieux paysan chinois avait pour seul bien un petit lopin de terre, pour seule fierté un fils intelligent et travailleur, pour seule richesse un cheval d’une rare puissance et d’une telle beauté que les plus nantis du pays lui en avaient offert de fortes sommes.
     – Jamais je ne le vendrai, répondait le vieux paysan. Je l’aime comme mon propre fils.
  Un jour, il se rendit comme d'habitude à l’écurie. Il trouva la porte entrouverte, le licol cassé. Son cheval avait disparu. Son fils et ses voisins partirent à sa recherche, mais ils rentrèrent bredouilles. Pas de trace de la bête, ni dans le village, ni dans les environs. Il invita alors tous ceux qui avaient participé à cette battue à boire un thé.
      – Tu n’as pas de chance, dit son voisin. Ton unique bête et la voilà perdue ou volée.
      – Est-ce une chance, est-ce une malchance, qui peut le dire ? répondit simplement le vieux paysan.

   Quelques jours plus tard il découvrit devant sa ferme une quinzaine de chevaux sauvages. Son cheval les avait attirés derrière lui en revenant du fond de la plaine où il s’était enfui. Voyant cela, son voisin lui dit:
      – Tu as de la chance, car te voilà propriétaire de toutes ces bêtes.
- Est-ce une chance est-ce une malchance, qui peut le savoir ? répondit le paysan.
 Son fils se mit à dresser les chevaux sauvages, se fit éjecter et tomba rudement sur le sol, se brisant net les deux jambes.
      – Tu n’as pas de chance, lui dit son voisin. Ton fils va être immobilisé pour longtemps alors que tu en as grand besoin pour te seconder.
       – Est-ce une chance, est-ce une malchance, dit le paysan. Qui peut le savoir ?”

   Quinze jours plus tard, une troupe de soldats et d’officiers fit irruption dans le village pour enrôler de force tous les hommes valides pour partir à la guerre. Tous, sauf le fils du paysan qui n’était pas encore guéri. Attristé, son voisin lui dit:
    – Tu as de la chance, car ton fils ne doit pas partir faire cette sale guerre. On ne sait pas dans quel état nos enfants vont en revenir.
   – Est-ce une chance, est-ce une malchance, dit le paysan. Qui peut le dire ?”

   Quelques mois plus tard, la guerre se termina. Certains n’en revinrent pas. D’autres rentrèrent, couverts de gloire et chargés d’un riche butin de guerre.
    – Tu n’as pas de chance, dit le voisin, ton fils n'est pas revenu riche de la guerre.
    – Est-ce une chance est-ce une malchance ? Qui peut le savoir ? dit le paysan.

   Richesses vite accumulées, richesses vite dilapidées dit le proverbe. Et la misère vint, encore plus dure à supporter après une période d'abondance. revint, encore plus dure à supporter après une période d'abondance.
    – Tu as de la chance, dit le voisin. Ton fils n’est pas rentré riche de la guerre, mais il n'est pas tombé dans cette misère noire et déprimante où sont en train de sombrer nos propres enfants.
   – Est-ce une chance, est-ce une malchance, dit le vieux paysan? Qui peut le savoir ?

Conte de sagesse taoïste
Emprunté sur le site www.metafora.ch

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       Pour conclure, un dernier petit conte reflétant une vison fort censée : Les 3 portes de la sagesse

        Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince  courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.
    « Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie », demanda  le Prince. 
    « Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage.
Cependant  je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes.
Lis les préceptes  indiqués sur chacune d'entre elles.  Un besoin irrésistible te poussera à les suivre.
Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui.
Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair.
Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi. »

  Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie.
Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire

                                   "CHANGE LE MONDE"

  « C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde,  d'autres ne me conviennent pas. »
Et il entama son premier combat.
Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre,  à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.
Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du cœur.
Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent.
   Bien des années passèrent.
 Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :   « Qu'as-tu appris sur le chemin ? »
  « J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas ».
  « C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir.
Oublie ce qui échappe à ton emprise. »
  Et il disparut.
 
   Peu après, le Prince se trouva face à une seconde  porte.  On pouvait y lire

                                    "CHANGE LES AUTRES"

   « C'était bien là mon intention, pensa-t-il.  Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration. » Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts.  Ce fut là son deuxième combat.
   Bien des années passèrent.
 Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu'as-tu appris sur le chemin ? »
   « J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires.
Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses. »
   « Tu as raison,  dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers  ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir. »
  Et le Vieil Homme disparut.
 
  Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots

                                "CHANGE-TOI TOI-MEME"

   « Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire » se dit-il. Et il entama son 3ème combat.
Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses  imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.
 Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :            « Qu'as-tu appris sur le chemin ? »
    « J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres
 qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à  briser. »
   « C'est bien, » dit le Sage.  
   « Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous,
contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ?   Quand trouverai-je
le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise. »
   « C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. »
  Et il disparut.
 
     Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait 
                              
                                  "ACCEPTE-TOI TOI-MEME "

     Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens. "Quand on combat on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi,  gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer.
Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
  Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu'as-tu appris sur le chemin ? »
   « J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. 
J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement. »
   « C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème  porte. »
 
   A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut
                                 
                                 "ACCEPTE LES AUTRES"

   Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées.  
Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.
   Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. « Qu'as-tu appris sur le chemin ? » demanda ce dernier.
  «  J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux.  J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement. »
  « C'est bien, »  dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

   Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut 
                               
                                  "ACCEPTE LE MONDE"

   Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection.
C'était pourtant le mê- me monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?
  Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda.  « Qu'as-tu appris sur le chemin ? » 
   « J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde.
  Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai.  Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. »
  « C'est la 3ème Sagesse, » dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde. »
  Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita. « Tu es prêt,  maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit  le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence ».
  Et le Vieil Homme disparut.
 
 
 Texte de Charles Brulhart, Décembre 1995. 
 Emprunté sur son site www.metafora.ch

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